Bienvenu à vous

l'humeur des jours, Carnet de notes

Bienvenu à vous, visiteurs, sur cet espace de dialogue. Au fil des jours et des humeurs, je vous invite à partager mes idées, ou à les combattre.

Exprimez-vous, vous avez la parole...

Tous les sujets peuvent être abordés. Sauf ceux que réprime la bienséance et/ou la loi.

dlezin.

Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 09:25
étonnant !
Shakespeare et Cervantes meurent l'un et l'autre le 23 avril 1616, dans deux calendriers différents.
L'un, le mardi 23 avril 1616 dans l'ancien calendrier julien, l'autre le samedi 23 avril 1616 dans le nouveau calendrier grégorien.
Par Lézin Denis - Publié dans : le saviez-vous ?
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Samedi 28 juillet 2007 6 28 /07 /Juil /2007 16:22
La Tyrannie du "Moi, je"
Un livre CHOC de Jean Sévillia par Fabrice Madouas

Thierry est satisfait. En treize ans, il n'a travaillé que 31 mois. Le reste du temps, ce chômeur professionnel a vécu d'allocations accordées par l'État. Plutôt bien d'ailleurs : il roule en Alfa Romeo. « Pourquoi culpabiliser, sourit-il, je me suis contenté de suivre la législation française à la lettre ! »
C'est une anecdote, parmi bien d'autres, rapportée par Jean Sévillia, journaliste, historien et désormais sociologue, dans son livre, Moralement correct. Un cas extrême, mais révélateur du climat de notre temps. Thierry n'a pas seulement perdu le sens du travail : il n'a plus celui de l'intérêt général. Il est vrai que rares ont été nos gouvernants à le posséder depuis trente ans. Le tableau que brosse Jean Sévillia est celui d'une société sans repère, où les familles sont décomposées, où la drogue et la violence font chaque jour des victimes, où l'on n'enseigne plus aux enfants ni la politesse, ni le respect de leurs aînés, ni la fierté d'être français. Une société qui n'aurait plus de règles ni de morale commune. Car c'est cela, la nouveauté. Il y a toujours eu des individus au comportement déréglé, mais chaque génération transmettait à la suivante (et inculquait aux étrangers) des valeurs que chacun devait accepter pour s'insérer dans la société. Ce n'est plus le cas : nulle morale commune n'est plus admise, chacun ayant la prétention de vivre heureux en suivant seulement ses humeurs. La rupture est intervenue dans les années 1960.

« En 1960, on pense que chaque individu a une dette envers la société. En 1970,on se dit que c'est à la société d'apporter quelque chose à l'individu », résume Jean Sévillia. La gauche a précédé le mouvement, la droite a suivi. « De cette convergence est née, au cours des années 1990, ce que l'on a baptisé le libéralisme libertaire ». C'est cela,le "moralement correct" : la morale saisie par le politiquement correct. Voulons-nous continuer ainsi ? On ne sort pas indemne de cette lecture : Sévillia nous met au pied du mur.

Extraits :
Tous en jean-baskets
Effacement de l'autorité dans la famille, reflux de l'autorité à l'école. Cette double carence exerçant ses effets dans la vie quotidienne, de plus en plus de Français paraissent n'avoir pas été élevés. N'idéalisons rien : Socrate se plaignait déjà que les jeunes gens ne sachent pas se tenir à table. Les règles de politesse ont toujours évolué, mais ce n'était pas seulement chez les bourgeois, naguère, qu'on apprenait aux enfants à bien se tenir, à être assis droit, et à ne pas parler sans y avoir été invités. Moins formalistes dans les familles populaires, les conventions poursuivaient le même objectif : marquer le rapport hiérarchique distinguant les générations. (…)

À regarder l'évolution actuelle, ces usages semblent dater de Mathusalem. L'idéologie, là encore, a joué son rôle : une certaine critique de gauche s'est employée à démolir les bonnes manières, parce qu'elles auraient été un instrument de domination des classes supérieures. Mais les bouleversements de la société ne sont pas innocents. Avec leur progéniture, pères-copains et mères-copines ont instauré une relation égalitaire. La libération des mœurs a évacué la galanterie. La scolarisation précoce, le travail des femmes, les fratries restreintes, la dissociation des couples et la civilisation des loisirs ont amené les enfants à être socialisés hors de la famille : à l'école, au club de sport, dans la rue, devant la télévision ou l'ordinateur. Sont-ce des lieux ou des outils d'éducation ? La politesse se veut une langue commune. Une société où triomphe l'individualisme-roi produit l'antithèse : l'affirmation de soi, sans souci des autres. "Moi, je". L'invasion du téléphone portable en fournit l'exemple le plus caricatural. Cet objet abolit toutes les barrières : où que l'on soit, à quelque heure qu'il soit, il devient loisible de joindre n'importe qui, en faisant profiter de sa conversation (et de sa vie professionnelle ou privée) des voisins de train ou de bureau qui n'en peuvent mais. Mille indices manifestent la dissolution de la civilité. Disparition de l'étiquette, généralisation du tutoiement, allure décontractée en toutes circonstances (la cravate aux orties, tous en jean-baskets). Un seul désir : ne pas être contraint. Les marchands s'adaptent. L'Association pour la valorisation de l'innovation dans l'ameublement incite les fabricants à proposer des fauteuils, des canapés et les lits pour la "génération vautrée". « Cette génération, expose un de ses responsables, ne s'assied pas, elle s'effondre, puis se laisse dégouliner à l'oblique du dossier. Le vautré reste sourd au principe parental du "Tiens-toi droit". »
"Bonjour" et "merci" deviennent des mots rares. Se lever pour céder sa place dans le métro ou le bus est un réflexe qui n'a plus cours. La ponctualité paraît facultative : près de la moitié des jeunes, selon un sondage, estiment qu'il n'est pas grave d'arriver en retard à un rendez-vous. La régularité au travail ne semble plus obligatoire. « Certaines jeunes recrues, constate un DRH, ont une conception élastique des horaires. Ils viennent travailler comme bon leur semble, ou interrompent un stage ou une formation quand ils le veulent. »

Le totalitarisme sexuel
Alternativement insidieux ou agressif, une sorte de totalitarisme sexuel s'installe. Le sexe devient la condition sine qua non de l'épanouissement et du bonheur. « Au début des années 1970, commente Jean-Claude Guillebaud, Jean Guitton redoutait que la vie occidentale ne devînt une "immense corvée de plaisir". On y vit un radotage de vieux chrétien. Trente ans après, cette inquiétude n'est plus si ridicule. »
(…) Sur l'ensemble des programmes de télévision accessibles en France, près de cent films pornos sont visibles chaque mois. Trois chaînes du câble et du satellite s'en font une spécialité : XXL, Private Gold et Pink TV. Selon le président de cette dernière, ces programmes font « partie de la culture gay ». À l'occasion du lancement de Pink TV, en 2004, le Tout-Paris se bousculait au palais de Chaillot.
Si ce marché prospère, c'est qu'il rencontre un public. Les films pornos de Canal Plus seraient enregistrés par près de sept millions de personnes chaque année ; la chaîne XXL compte plus d'un million d'abonnés ; un million et demi de vidéos pornos sont vendues tous les ans ; plus du quart des cassettes ou DVD en location sont des films pornos, genre représentant la moitié du chiffre d'affaires des distributeurs automatiques ; 80 % des connexions sur Internet aboutiraient à un site X.
Ces chiffres sont atterrants. Sachant qu'un enfant sur dix possède un téléviseur dans sa chambre et que huit sur dix pianotent sur l'ordinateur sans que leurs parents contrôlent quoi que ce soit, on comprend ces autres statistiques, encore plus affolantes : selon Michela Marzano, une chercheuse du CNRS qui se consacre à l'étude de la pornographie, un enfant sur deux, dès l'âge de 11 ans, aurait déjà vu un film X !
En juillet 2002, le président du CSA, Dominique Baudis, invite l'ensemble des chaînes à bannir les films pornographiques au nom de la protection de la jeunesse. Il s'ensuit un bras de fer législatif et médiatique entre les partisans et les adversaires de cette proposition, dénoncée comme un "retour de l'ordre moral".
En novembre de la même année est publié un rapport commandé à l'historienne Blandine Kriegel. Sous sa direction, trente-six personnalités ont travaillé sur toutes les formes de violence à la télévision, y compris pornographiques. « Lorsqu'une personne est exposée à la violence télévisuelle, affirme le rapport, les effets physiologiques immédiats sont de même nature que si cette personne était exposée à une situation de violence réelle. » Et d'insister : « La réduction de l'humain à sa seule dimension sexuelle, le fait d'être réduit à la seule dimension de la sexualité, est une atrophie et une forme de violence. » Dès la publication de ces conclusions, c'est un tir de barrage. « La censure se profile sur le petit écran », titre Libération. L'Association des réalisateurs producteurs s'inquiète des « graves conséquences que pourrait avoir sur la liberté d'expression le rapport Kriegel ».
Beaucoup de bruit pour rien. À part la demande d'un système de double cryptage, le groupe de travail présidé par Blandine Kriegel n'a jamais réclamé de mettre la pornographie hors la loi. « La solution que nous avons trouvée met le porno dans le domaine du toléré », se félicite Jean Baubérot, directeur de l'École pratique des hautes études. « Si la moindre censure avait été préconisée, j'aurais quitté la commission », précise Hervé Chabalier, producteur du Journal du hard sur Canal Plus. Une tolérance dont le rapport final porte la marque : « Aucune mesure liberticide, y lit-on, ne doit être prise contre la liberté de création et de communication entre adultes, et c'est pourquoi la commission n'a pas souhaité interdire les spectacles violents ou pornographiques. » Le rapport Kriegel sera enterré. Dans une société où il reste interdit d'interdire, le porno n'a rien à craindre.

Le patriotisme, valeur oubliée
« Apprendre ce texte par cœur relève du dressage », s'emporte un instituteur. C'est de la Marseillaise qu'il parle. En 2005, la loi Fillon a prévu que l'hymne national soit enseigné dès le CP. Craignant que les paroles guerrières du chant républicain ne choquent les élèves, les enseignants sont réticents. « À l'école, explique un maître, on a déjà préparé un projet musical autour de chants solidaires, citoyens, avec des morceaux comme Lili de Pierre Perret. La Marseillaise, je suis presque sûr qu'elle n'y sera pas. » Parmi les plus de 50 ans, huit Français sur dix déclarent entretenir un rapport passionnel avec la Marseillaise, contre la moitié des moins de 30 ans. Et les enfants ? Réponse de Marius, élève de CM 2 : « Ça peut servir. Par exemple, si je veux devenir footballeur. » Alors que le patriotisme n'est pas au goût du jour, son succédané s'affirme dans les stades : drapeaux tricolores, visages fardés en bleu-blanc-rouge. En 2005, l'échec de la candidature de Paris pour les jeux Olympiques de 2012 est vécu comme un traumatisme collectif. En 1998, les Bleus gagnent la Coupe du monde de football : le moral des Français est au zénith. En 2006, ils perdent : leur moral est en berne. La fierté française s'est-elle réfugiée dans le ballon rond ?
Dans toutes les enquêtes, le patriotisme figure loin derrière les droits de l'homme ou le sens de la justice parmi les valeurs primordiales. Spécialement chez les jeunes. (…) En 1961 encore, une instruction ministérielle précisait que l'éducation civique à l'école devait préparer les citoyens au "sacrifice suprême pour la patrie". Le basculement, une fois de plus, s'est effectué à la charnière des années 1960 et 1970 : dans un contexte d'abandon des valeurs traditionnelles, l'amour de la patrie a été rangé au rayon des archaïsmes, et remplacé par la référence universelle des droits de l'homme. En 2004, le ministère de l'Éducation nationale publie un livre intitulé Qu'apprend-on à l'école élémentaire ? Dans un ouvrage comptant 351 pages et 87 000 mots, le terme "nation", éventuellement sous sa forme d'adjectif, n'apparaît que dix fois. À l'école primaire, le programme d'éducation civique couvre les sujets suivants : « Participer pleinement à la vie de son école ; être citoyen dans sa commune ; s'intégrer à l'Europe, découvrir la francophonie, s'ouvrir au monde, être citoyen en France. »
(…) L'époque n'apprend plus le patriotisme, mais la citoyenneté. Une citoyenneté désincarnée, comme si la France n'était qu'un lieu de hasard, et non plus une terre à laquelle on est lié parce qu'on y est né ou qu'on y a été accueilli. Étymologiquement, la patrie, c'est le pays du père ; la nation, un groupe constitué par la naissance. Des mots et des concepts qui se sont effacés du vocabulaire politique. À patrie ou nation, on préfère société ou pays, termes plus neutres. L'amour de la France – de la France en tant que telle – devient suspect, comme s'il prédisposait à la xénophobie. Au vrai, il s'agit de former des citoyens vivant en France, mais qui pourraient habiter ailleurs : des citoyens du monde, unis par le contrat moral des droits de l'homme.

Une morale commune
Fondateur de l'école laïque, l'anticlérical Jules Ferry estimait que les instituteurs devaient enseigner « la bonne, l'antique morale humaine, la vieille morale de nos pères ». Il pouvait le dire parce que cette proposition reposait sur un héritage implicite : la morale des hussards noirs de la République, c'était celle des Dix commandements. Amputée de la référence à Dieu, c'était la morale naturelle que l'Église avait toujours prêchée au peuple français. Au-delà de la querelle de la laïcité, la convergence entre la morale chrétienne et la morale républicaine formera, un siècle durant, la charpente mentale des Français.
Depuis les années 1970, ce consensus s'est volatilisé. À l'heure de l'individualisme roi, le concept de morale commune a été récusé comme attentatoire à la liberté de chacun ; à l'heure du multiculturalisme, il a été rejeté comme contraire au droit à la différence. Résultat, d'innombrables cultures et d'innombrables morales cohabitent désormais sur le sol français. Dès lors, la question du bien et du mal est évacuée, nul ne se risquant à souligner que personne ne s'accorde sur leur définition. Mais une collectivité peut-elle se dispenser de savoir ce que sont le bien et le mal ? Sans un code objectif de bonne conduite, sans normes acceptées par tous, sans règles indiscutées, chacun est abandonné à son libre arbitre, personnel ou communautaire. Au sens propre, c'est l'anarchie.
Pour beaucoup de chrétiens, c'est un choc. Formés dans l'idée qu'il n'y avait pas de contradiction entre leur foi et l'humanisme laïc, ils entrevoient brusquement, parce que les références de la société se sont modifiées, un abîme entre leurs convictions et les valeurs dominantes. Bien peu sont préparés à affronter l'hostilité qui en résulte pour eux.
Ce qui est légal est-il nécessairement moral ? Notre temps refuse de fonder la morale sur un principe supérieur à l'humanité : non à une loi morale qui prime la loi civile, répliquait déjà Jacques Chirac à Jean-Paul II. Or, les développements de la recherche scientifique, par exemple en matière de clonage thérapeutique, conduisent à des expériences amenant à trier et à détruire des embryons humains, ce qui est inacceptable pour les catholiques. Exprimer leurs réserves sur le sujet, cependant, leur est à peine permis : quand cela survient à l'occasion du Téléthon, l'affaire tourne au scandale. Les chrétiens sont autorisés à exprimer leur foi, mais à condition de ne perturber personne.
Dès avant l'ère chrétienne, Antigone ne rappelait-elle pas à Créon l'existence de lois non écrites pouvant être opposées au pouvoir quand il se fait tyran ? Benoît XVI qualifie la négation de la transcendance de dictature du relativisme : si rien n'est sacré, tout se vaut. Or, un monde exclusivement profane, parce qu'il est vide de sens, ampute la société d'une dimension indispensable à l'homme, faisant de lui une proie facile pour le dieu de l'époque : l'argent.
 Nous sommes à la recherche d'une raison d'être collective. Nous ne la retrouverons pas sans un code de valeurs commun : quand la morale devient subjective, le lien social se dissout. Fabrice Madouas
Par Lézin Denis - Publié dans : réflexion
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 10:14
La critique est aisée, et l'art est difficile.

Et si messieurs les censeurs l'appliquaient à eux-mêmes ?

Ils enragent !

Ils enragent, depuis que Sarkozy est devenu président de la république :  tout se met à bouger, détruisant le patient immobilisme qu'ils avaient imposé à la France.

Sarkosy a même été délivrer les infirmières bulgares ! C'est un scandale dans Landernau !
Heureusement, du fond du marais insane, se sont élevés les critiques.

Mais, messieurs les censeurs, si vous aviez vraiment des bonnes idées, des meilleures, il ne fallait pas vous gêner pour les appliquer. Que ne l'avez-vous fait du temps de vos gouvernements, vous qui prétendez détenir LA vérité et posséder LA solution...
Par Lézin Denis - Publié dans : pensée du jour
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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /Jan /2006 19:55
Ce texte étant la copie d'une correspondance e-mail, il est recommandé de le lire à l'envers. C'est à dire en partant du bas. Le dernier message étant toujours dessus.

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Bonjour,

Vous m'avez régalé d'un récit... Rabelaisien ! Je vais passer une bonne journée de gourmet à rire tout seul.

Cordialement, Denis.



jcp a écrit :
Bonsoir
 
Heureux de vous lire.
 
Les récupérations, dérives, affabulations et mémoires en lambeaux sont pour moi des parties intégrantes de notre histoire. Surtout en symbolique. L'historiographie est trop souvent méprisée par les historiens dont pourtant la pensée "historique" est une facette de l'historiographie ... Cela me rappelle un peu un certain Monsieur Jourdain ...
 
Pour en rajouter au "lotharingien", je trouve cette appellation plaisante et de plus permettant de baptiser sans ambiguité une catégorie spécifique d'insignes/bijoux qui est trop souvent traitée avec ambiguité, doute ou suspicion. Cela ne me gêne nullement d'emboîter à mon tour le pas, après toute une chaîne de transmission, à un vraisemblable créateur d'appellation non contrôlée. Et je vais même vous faire une petite confession ...
 
Comme vous le savez, il existe en héraldique une catégorie dite "de prétention" qui désigne à l'origine les armes prises par un personnage prétendant à un titre ou une souveraineté. Enguerrand VIII de Coucy portait à la fin du 14ème siècle les armes des Coucy augmentées de celles d'Autriche (pas moinsss) pour appuyer sa prétention à un titre d'archiduc qu'il prétendait avoir hérité d'une aïeule. On peut aussi citer les lys de France portés par les souverains anglais jusqu'à la Révolution Française pour affirmer leur souveraineté royale (même plus théorique) sur la france depuis la Guerre de Cent Ans. A cette catégorie des armes de prétention on a aggloméré les armes de courtoisie (on fait figurer dans ses armes celles, complètes ou partielles, de qui l'on désire honorer) et les armes d'allégence (on fait figurer dans ses armes un élément de celles de son souverain, de son seigneur ou de la Dame de ses pensées) et de complaisance (même chose mais à l'envers). Plutôt irrité par la flagornerie de certaines armes vis à vis du puissant du jour, j'ai créé, de ma propre initiative les "armes proctosculantes", abominable barbarisme forgé sur le latin "osculatio" (je donne un baiser) et sur le grec "proctos" (le ... trou de balle). J'ai volé cette idée à un auteur de science-fiction dont j'ai malheureusement oublié le nom, et qui l'employait pour désigner un genre littéraire particulier propre à une lointaine planète. J'étais bien loin de me douter de la suite de ce coup de gueule ... dont je n'avais pas expliqué l'étymologie, paru dans une revue scientifique canadienne. Et un beau jour, dans un colloque international d'héraldique, j'ai entendu un digne académicien russe décrire des armes qu'il qualifiait de ... protosculantes ! Et cette catégorie, lancée en boutade il y a trente ans, est maintenant reconnue par bien des spécialistes qui très certainement ignorent son étymologie (laquelle, je vous le rappelle, bafoue les 3 règles de la composition des néo-termes scientifiques, ce qui brouille un peu les pistes). J'ai bien l'impression qu'il en est peut-être de même pour nos bijoux "lotharingiens".
 
La morale de l'histoire ? Quand on dit ce que l'on pense dans les formes académiques d'usage, même en employant un vilain gros mot enveloppé de papier de soie parfumé, on peut susciter une émulation aussi cocasse que, en fin de compte, réellement scientifique.
 
Bien cordialement à vous
JCP

 Bonjour,

Vous m'avez régalé d'un récit... Rabelaisien ! Je vais passer une bonne journée de gourmet à rire tout seul.

Cordialement, Denis.



jchpoutiers a écrit :
Bonsoir
 
Heureux de vousz lire.
 
Les récupérations, dérives, affabulations etmémoires en lambeaux sont pour moi desd parties intégrantes de notre histoire. Surtout en symbolique. L'historiographie est trop souvent méprisée par les historiens dont pourtant la pensée "historique" est une facette de l'historiographie ... Cela me rappelle un peu un certain Monsieur Jourdain ...
 
Pour en rajouter au "lotharingien", je trouve cette appellation plaisante et de plus permettant de baptiser sans ambiguité une catégorie spécifique d'insignes/bijoux qui est trop souvent traitée avec ambiguité, doute ou suspicion. Cela ne me gêne nullement d'emboîter à mon tour le pas, après toute une chaîne de transmission, à un vraisemblable créateur d'appellation non contrôlée. Et je vais même vous faire une petite confession ...
 
Comme vous le savez, il existe en héraldique une catégorie dite "de prétention" qui désigne à l'origine les armes prises par un personnage prétendant à un titre ou une souveraineté. Enguerrand VIII de Coucy portait à la fin du 14ème siècle les armes des Coucy augmentées de celles d'Autriche (pas moinsss) pour appuyer sa prétention à un titre d'archiduc qu'il prétendait avoir hérité d'une aïeule. On peut aussi citer les lys de France portés par les souverains anglais jusqu'à la Révolution Française pour affirmer leur souveraineté royale (même plus théorique) sur la france depuis la Guerre de Cent Ans. A cette catégorie des armes de prétention on a aggloméré les armes de courtoisie (on fait figurer dans ses armes celles, complètes ou partielles, de qui l'on désire honorer) et les armes d'allégence (on fait figurer dans ses armes un élément de celles de son souverain, de son seigneur ou de la Dame de ses pensées) et de complaisance (même chose mais à l'envers). Plutôt irrité par la flagornerie de certaines armes vis à vis du puissant du jour, j'ai créé, de ma propre initiative les "armes proctosculantes", abominable barbarisme forgé sur le latin "osculatio" (je donne un baiser) et sur le grec "proctos" (le ... trou de balle). J'ai volé cette idée à un auteur de science-fiction dont j'ai malheureusement oublié le nom, et qui l'employait pour désigner un genre littéraire particulier propre à une lointaine planète. J'étais bien loin de me douter de la suite de ce coup de gueule ... dont je n'avais pas expliqué l'étymologie, paru dans une revue scientifique canadienne. Et un beau jour, dans un colloque international d'héraldique, j'ai entendu un digne académicien russe décrire des armes qu'il qualifiait de ... protosculantes ! Et cette catégorie, lancée en boutade il y a trente ans, est maintenant reconnue par bien des spécialistes qui très certainement ignorent son étymologie (laquelle, je vous le rappelle, bafoue les 3 règles de la composition des néo-termes scientifiques, ce qui brouille un peu les pistes). J'ai bien l'impression qu'il en est peut-être de même pour nos bijoux "lotharingiens".
 
La morale de l'histoire ? Quand on dit ce que l'on pense dans les formes académiques d'usage, même en employant un vilain gros mot enveloppé de papier de soie parfumé, on peut susciter une émulation aussi cocasse que, en fin de compte, réellement scientifique.
 
Bien cordialement à vous
JCP


Bonjour,

En effet, d'aprés mes recherches, le terme de lotharingien est apparu pour la 1° fois en 1980. Il est donc tout jeune. De plus employé à mauvais escient, puisqu'il s'applique, en géologie, à la partie élevée du Sinémurien au sens large (Jurassique inf., ère secondaire).

Je pense qu'il y a une part de pédanterie à l'employer.
Méa culpa.
Je ne suis pas entièrement fautif, puisque je n'ai fait qu'emboiter le pas, si je puis dire, à la personne qui m'a apporté la réponse à l'énigme du non-identifié 140.
Donc, sur le plan sémantique l'affaire est close.

Sur le plan "récupération" par des "jolies légendes" arrangées avec soin, en leur donnant une origine aussi flatteuse (pour la "famille d'accueil") que mythique, je ne m'étais pas penché sur cet aspect du problême. Mais, à priori, il me semble que c'est exact. Il y a comme un retour vers le passé dans certaines tendances et mouvements régionaux, et il est toujours agréable d'avoir des jolies histoires à raconter... (histoires étant pris au sens le plus large). Comme vous dites, où se télescopent, dans un raccourcis abrupt des épisodes sans relation entre eux, (survivance de la mémoire inventée de l'enfance ?) et mythomanie-snobisme ?

Bien sur, quelques aigrefins en profitent un peu. C'est dommage, mais c'est dans l'ordre des choses.

A bientôt,

Cordialement, A.Lézin.D.



jcp a écrit :

> Croyez bien, cher monsieur, que j'aurai moi aussi beaucoup de plaisir à vous connaître.
>
> Pour les "bijoux lotharingiens", il y a beaucoup d'anecdotes et de pseudo traditions qui les "récupèrent" en leur donnant une origine aussi flatteuse (pour la "famille d'accueil") que mythique. J'ai même entendu conter dans mon enfance comment, et dans quelles circonstances aussi héroïques que dramatiques, un officier français avait été décoré de l'embleme à l'alérion par le général Wrangel dans un TOE peu avouable de l'après Grande Guerre (qui un jour écrira l'histoire réelle de ces TOE d'Ukraine, de Podolie, de Mandchourie ou d'ailleurs et qui officiellement n'ont jamais existé ?). Le "bijou" en question est un alérion à la Croix de Lorraine, assez gros mais non couronné, enrichi de cabochons (cet enrichissement en "diamants d'Alençon" est fréquent en Basse-Normandie) et suspendu à une bélière faite de la bélière-couronne d'une Croix de Guerre belge. L'ensemble, fort içmpressionnant, est suspendu à un ruban plié à la serbe. Le ruban est de l'ordre de Ste-Catherine de Russie. Un digne érudit local a un jour prétendu, dans une conférence, qu'il s'agissait en fait de l'Ordre de Cincinnatus regroupant les officiers américains et français de la Guerre d'Indépendance : mais cette assertion est aussi fausse que gratuite. Alors, que penser de ce bricolage et de sa place dans une tradition familiale ? Belle histoire sans fondement colportée par une vieille dame mythomane ? Raccourci historique où se télescopent plusieurs épisodes sans corrélation réelle ? Décoration faite de bric et de broc, et réellement attribuée par le dernier Ataman des Armées Blanches dans son ultime réduit ? Quien sabe ?
>
> Peut-être pourrez-vous me dire d'où vient le qualificatif de "lotharingien" si peu usuel en français pour désigner la Lotharingie-Lorraine-Lothringen ? Il me semble très moderne, peut-être à peine une vingtaine d'années, et je ne rencontre guère que le termme de "lorrain" ou même (bien que démenti par la provenance précise et la symbolique) d'"alsacien-lorrain" dans l'inventaire, hélas sans illustration, de la collection Bréchin dispersée à Alger en 1938. J'aimerais beaucoup en savoir plus.
>
>
> Bien cordialement à vous
> JCP
>
>
>
> ----- Original Message -----
>
> Re-bonjour,
>
> Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose comme ça. Votre "disparition" était trop subite pour m'étonner.
>
> En février, c'est le meilleur moment pour aller en Afrique Occidentale. Beaux pays ! Dommage que les hommes l'abiment !
>
> Décidément vous avez la bougeotte ! Est-ce votre coté "marin" ?
>
> Bien entendu si vous passez par Toulouse, vous m'en parlez, et sauf imprévu, nous nous rencontrerons. J'aurai, quant à moi, le plaisir de faire votre connaissance.
>
> Je connaissais en partie seulement, vos analyses sur les bijoux lotharingiens et sur le croissant. Je mourrai donc un peu moins ignorant. Merci de votre aide.
>
> A bientôt,
>
> Cordialement, A.Lézin.D.

>>
>> L'insigne non-identifié n°140 est-il le même que celui classé en bijou lotharingien ? Ou bien y a-t-il une différence de taille ou d'état ? Sur ces bijoux lotharingiens, je vous signale que dans ma Normandie maritime, où ils sont encore assez nombreux, ils ont rapidement perdu leur signification d'origine, mais ont gardé une certaine aura patriotique et/ou religieuse. Ce sont maintenant des bijoux "traditionnels" portés par les femmes lors du Pardon ou certains dimanches de fête. Dans l'entre deux guerres mondiales, on leur attribuait une origine polonaise (confusion entre l'alérion de Lorraine et l'aigle blanche polonaise) ou hongroise (croix de Jérusalem, dite de Lorraine). Ils ont été l'objet de polémiques discrètes pendant l'occupation comme se prêtant à une interprétation antianglaise (rappel des armes de Calais) ou pro-gaulliste (toujours la croix de Lorraine). Je possède l'un de ces bijoux, venant de ma grand'mère maternelle et composé d'une croix de Lorraine couronnée ... et qui a été de nouveau arboré sur le corsage grandmaternel dès août 44 (Granville a été libéré le 30 juillet). Comme quoi l'interprétation des symboles présente parfois des divagations qui, dans ce cas précis, nous ramènent -involontairement- peu ou prou à leur origine.
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>> Puisque, dans mon insipide bavardage, j'en suis aux errements d'interprétation des symboles, connaissez-vous, vous qui êtes un ancien africain, l'origine du croissant ? Il est aujourd'hui universellement compris comme un symbole de l'Islam, mais son origine remonte au 5ème siècle lorsqu'il était arboré sur les étendards pourpres de la garde de l'Empereur Byzantin, et au Moyen Age s'est peu à peu confondu avec la Nouvelle Rome qu'était Constantinople. Le titre de l'Empereur de Byzance était "Basileus ton Romeon", Roi (mot à mot : Grand Seigneur) des Romains, d'où les noms de Romiotes qui était l'appellation des Constantinopolitains (grec était le synonime de païen !), puis plus tard les provinces "romaines" de Roumanie ou de Roumélie et ... le terme arabe de Roumi). La Deuxième Rome Byzantine a exporté, en lançant ses derniers feux, ses symboles lors du mariage de l'héritière du Basileus avec le prince de Moscou, devenue ainsi la Troisième Rome : Orthodoxie et Patriarcat, titre princier de César (Czar ou Tsar), etc, et croissant. Sur la coupole des églises orthodoxes, le croissant constantinopolitain sert de base à la croix, et ce même symbole est brodé sur la bannière pourpre des Strelitzs. Pendant ce temps-là, le Turc s'est installé à Constantinople et le titre officiel du Sultan est "Grans Seigneur" et ses nouveaux étendards -de pourpre impériale- portent le croissant byzantin. C'est, encore maintenant, le drapeau de la Turquie et de son ancienne province de Tunisie (l'étoile apparaît au XVIIème siècle et représente à l'origine le soleil rayonnant qui, associé à la lune tournée vers lui, est un symbole d'universalisme et d'éternité ... rien à voir avec le sceau de Salomon / étoile chérifienne). C'est ainsi que les armées turques ont propagé le drapeau rouge frappé de l'étoile (cornes en haut depuis l'antiquité) associé à l'étoile. Le mouvement Panarabe a repris une combinaison des trois étendards du Prophète (un noir, un blanc et un vert) avec parfois un rappel du drapeau turc incrusté près de la hampe. Il y a eu une confusion identitaire partant de l'Empire byzantin, puis turc, devenu quasi monopole musulman (le Sultan est aussi le Khalife) et recouvrant une pseudo "arabité" (il n'y a pas de populations ethniquement arabes en Afrique du Nord) que voulaient symboliser les insignes épinglés sur les chechias, turbans et fez de notre Armée d'Afrique. Le dernier avatar est le symbole national de la Maurétanie qui n'a pourtant jamais connu la domination turque.
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>> Mais, à la réflexion, je pense que vous savez déjà tout celà. En ce cas, pardonnez mon outrecuidance.
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>> Très cordialement à vous
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>> JCP
Par Lézin Denis - Publié dans : le saviez-vous ?
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 23:16
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Par Lézin Denis - Publié dans : le saviez-vous ?
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